Releguée à la deuxième place du groupe 7 par la Serbie, l'équipe de France devra affronter l'épreuve des barrages les 14 et 18 novembre 2009 pour obtenir sa qualification au Mondial. On connaît depuis le mercredi 14 octobre les 4 adversaires potentiels des Bleus, relativement protégés par un statut de tête de série : l'Ukraine, la Slovénie, l'Irlande et la Bosnie. Si la sélection bosniaque n'est pas la plus prestigieuse (46e au classement FIFA), les coéquipiers de Dzeko, Ibisevic ou Pjanic pourraient toutefois poser des problèmes aux Français.
Auteur d'un parcours excellent derrière l'intouchable Espagne, la Bosnie a devancé notamment la Belgique et la Turquie dans son groupe. "Au départ, la Bosnie n'était pas favorite pour la deuxième place. Mais je n'ai pas été surpris par cette performance. Je connais les qualités du football bosniaque. Sur les 20 joueurs du groupe, 18 évoluent au plus haut niveau en Allemagne, en France, en Italie ou encore en Russie", analyse Faruk Hadzibegic, ancien joueur et entraîneur de Sochaux qui fut sélectionneur de Bosnie de 1999 à 2000. Pour Vahid Halilhodzic, actuel sélectionneur de Côte d'Ivoire et grande figure du football bosniaque, le rôle de l'actuel sélectionneur Miroslav Blazevic a été primordial : "Il a su faire passer son message. La sélection est maintenant une très belle équipe et forme un très bon groupe."
"Coach Vahid" insiste notamment sur les qualités individuelles des joueurs offensifs de l'équipe de Bosnie. "Le milieu de terrain et l'attaque ne manquent pas de talents capables de faire la différence seuls. Ibisevic (Hoffenheim) revient de blessure et je pense qu'il reste un des meilleurs attaquants d'Europe. C'est un garçon qui peut poser des problèmes à la défense française." Outre Ibisevic, il faudra surveiller les Misimovic (Wolfsburg), Dzeko (Wolfsburg), Salihovic (Hoffenheim) ou Pjanic (Lyon).
Hadzibegic préfère, lui, insister sur le collectif et la notion de groupe. "Les joueurs ont une motivation extrême. La moyenne d'âge du groupe est de 23, 24 ans et ils sont donc en pleine possession physique et mentale de leurs qualités footballistiques. Même si on parle de Dzeko et Ibisevic, c'est un véritable collectif qui s'est créé."
Les deux figures du football bosniaque se rejoignent quant à l'importance de l'événement pour leur pays. "Tout le monde est derrière la sélection. Elle a réconcilié les gens et demeure la seule chose positive pour nous", déclare Halilhodzic. Faruk Hadzibegic confirme : "L'équipe nationale est la seule satisfaction dans le pays, le seul espoir d'exister dans le contexte de crises économique et politique".
Une place de barragiste qui a été obtenue samedi 10 octobre et fêtée dignement, de quoi provoquer une décompression légitime mercredi 14 octobre face à l'Espagne. "Le point faible de l'équipe pourrait être l'euphorie. Nous sommes capables du meilleur comme du pire. Même si l'Espagne est une des meilleures équipes du monde, on ne doit jamais perdre à domicile 5-0 à la 90e [5-2 à la fin du match]"
En cas de confrontation, l'équipe de France part tout de même favorite pour les deux hommes. Ils promettent néanmoins tous deux une partie acharnée. "En barrages, tout est possible. La Bosnie peut être une équipe coriace pour la France", affirme Halilhodzic. "Je donne un petit avantage 51/49 à l'équipe de France au vu de la différence d'expérience. Mais les Bleus auront à gérer l'énorme pression et l'obligation de résultat", espère Faruk Hadzibegic.
Anthony Hernandez








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