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mardi 8 décembre 2009

Grippe A : "le vaccin ne passera pas par moi"

La campagne de vaccination a débuté mercredi 25 novembre dans les collèges et les lycées. Si, pour les mineurs, les parents doivent remplir et signer une fiche médicale individuelle, l'adolescent pourra toujours refuser l'intervention au moment de l'injection, selon la charte de vaccination. C'est donc au terme d'un débat familal, souvent houleux, que les parents désireux de faire vacciner leur progéniture devront être convaincants. Sur les réseaux sociaux, dans les forums, les discussions sont vives.image

Sur Facebook, de nombreux lycéens ont créé des groupes exprimant leur opposition farouche à la vaccination. "Pour tous ceux qui ne se feront pas vacciner contre la grippe A", créé par un couple de lycéens de Toulouse a attiré plus de 15 000 internautes. On y lit surtout que "le vaccin est de la merde", qu'il a été créé pour "rapporter de l'argent à l'Etat", qu'il "est chelou" (louche) et "fé tro vite" (fait trop vite). Beaucoup de comparaisons sont faites avec le virus du sida : "90 personnes attrapent la grippe H1N1 et tout le monde veut porter un masque. 5 millions de personnes ont le SIDA et personne ne veut porter de capote !! 1000 personnes meurent de la grippe A dans un pays riche, c'est une pandémie. Des millions meurent du paludisme en Afrique, c'est leur problème ...".

Autre groupe à succès : "Pour tous ceux qui ne se vaccineront pas contre la Grippe A :)", créé par un lycéen de Saint-Brieuc, qui rassemble plus de 11 000 membres. Son éditorial est sans équivoque : "Ne soyez pas des cobayes ! & surtout , ils font ça pour le pognon ! Alors faites comme moi, ne vous vaccinez pas contre la grippe A". On discute également du contenu du vaccin, de la comparaison avec le sida, d'argent et beaucoup du président de la République en termes peu élogieux. Personne ne veut jouer les "cobayes" et plusieurs proclament : "Grippe A, le vaccin ne passera pas par moi".

Dans des forums, on en a fait un proverbe : "L'amour c'est comme la grippe ça s'attrape dans la rue et ça se termine au lit". Sur Zone-ados, "On refuse aussi la vaccination, espérant "avoir des vacances improvisées". On accuse toujours le contenu du vaccin, on précise que le virus mute et que, par conséquent, il faudra répéter indéfiniment l'opération. Mais pour quelques-uns, ce vaccin n'est pas plus dangereux qu'un autre : "Effectivement, affirme un internaute sur Planète-ado,  j'aimerais bien avoir des sources fiables qui affirment ça. Moi je vais le faire jeudi ou vendredi au collège, j'ai pas le choix, j'ai des problèmes pulmonaires. Je voulais pas le faire parce que je trouve que ça ne sert pas à grand-chose, mais par contre je pense qu'il n'y a aucun risque particulier (...). Bien sûr, il y a un infime minimum de risques, parce que ça reste un vaccin. Mais on ne penserait pas à refuser un vaccin contre le tétanos ou la rage, alors pourquoi celui-ci ?" Une opinion pour le moins isolée parmi les jeunes internautes.

A cela s'ajoute la peur de la piqûre, responsable de nombreux refus et de malaises à la seule vue de l'aiguille.

Le Monde.fr

vendredi 4 décembre 2009

Vaccination contre la grippe A: allongement des horaires d'ouverture

A partir de vendredi 4 décembre, les centres de vaccination des adultes parisiens seront ouverts en semaine au public jusqu'à 22 heures, indique la préfecture de Paris. Samedi, le public est attendu de 8 heures à 22 heures, ajoute la préfecture dans un communiqué publié jeudi soir. Pour dimanche 6 décembre, les horaires d'ouverture sont 9 heures - 13 heures.image

Par ailleurs, la direction régionale des affaires sanitaires et sociales d'Ile-de-France met à la disposition des médecins franciliens souhaitant participer à la campagne de vaccination H1N1 à Paris un site Internet où ils pourront déposer leur candidature, préciser leurs disponibilités et le gymnase dans lequel ils souhaitent travailler, lit-on encore dans le communiqué préfectoral.

mardi 1 décembre 2009

Au pays des droits de l’enfant

Au pays des droits de l’homme, il est possible de placer en centre de rétention des nourrissons, de placer en garde à vue des enfants de 6 ans sans que ni les parents ni les enseignants n’en soient tenus au courant…

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Il n’est pas (du tout) dans mes habitudes de relayer tracts et communiqués de presse. Celui qui suit, publié la semaine passée par la Ligue des Droits de l’Homme dans le cadre de sa campagne Urgences Libertés, n’a pas eu la faveur des médias, excepté un courrier des lecteurs dans le Quotidien de la Réunion…

Rien que de très neuf peut-être, mais un résumé particulièrement alors que l’on débat de l’”identité nationale” de la “patrie des Droits de l’homme“…:

Vous avez des enfants vivant sur le sol français ? Voici ce qui peut leur arriver au « pays des droits de l’Homme »

Les droits de l’enfant dans la France de 2009 :

Si votre enfant a…

3 mois ou même moins : si vous êtes sans papiers, il pourra être expulsé après avoir passé jusqu’à 32 jours dans un centre de rétention … dans son intérêt, dit Eric Besson, ministre de l’immigration et de l’identité nationale.

3 ans ou même moins : s’il est considéré comme agité ou « sournois », on pourrait le repérer comme futur délinquant. C’est ce que proposait en 2006 un rapport parlementaire.

6 ans : il est élève de l’école primaire, donc enregistré dans le fichier « Base Elèves ». Des données personnelles « sensibles » le concernant, et vous concernant, seront centralisées dans une base de données qui en conservera certaines pendant… 35 ans.

6 ans encore : si vous êtes sans papiers, il pourra être arraché à son école avant d’être expulsé vers un pays où il ne pourra plus s’instruire. Pourtant la loi française garantit le droit à l’éducation à tout enfant vivant sur le sol de la République.

6 ans toujours : il pourra être arrêté à la sortie de l’école et être placé en garde à vue sans que ni vous ni les enseignants de son école soient avertis… cela s’est passé à Floirac (Gironde) en juin 2009.

13 ans : il peut être inscrit dans le fichier « Edvige » version 2009, même s’il n’a commis aucune infraction, si un policier ou un gendarme pense que son « activité » peut « porter atteinte à la sécurité publique », en notant son « origine géographique » (décret du 16 octobre 2009).

15 ans : il pourra voir entrer à l’improviste dans sa classe des gendarmes qui lâcheront un chien policier pour chercher de la drogue dans ses affaires, et on pourra lui demander de se déshabiller dans un local de son collège… c’est arrivé à Marciac et à Pavie (Gers) en 2008.

Et pourtant…

20 novembre 2009 : la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) a vingt ans. Elle protège les droits des enfants, jusqu’à l’âge de 18 ans…

Article 3 de la CIDE : « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu’elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale ».

La France a ratifié la CIDE… Et si on prenait les droits de l’enfant au sérieux ?