Un brigadier a été tué mardi soir lors d'un contrôle qui a dégénéré en Seine-et-Marne. Les tireurs appartiendraient à l'organisation séparatiste basque. L'un d'entre eux a été arrêté et placé en garde à vue.
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Dammarie-les-Lys, banlieue tranquille à une cinquantaine de km au sud-est de Paris. Mardi en début de soirée, une patrouille de police est appelée pour le vol d'une BMW à un vendeur automobile. Le véhicule est repéré sur un chemin de la commune voisine de Villiers-en-Bière. Mais quand le brigadier-chef et ses trois hommes tentent d'en interpeller les occupants - trois hommes et une femme selon les premiers témoignages -, ils essuient des tirs provenant d'un second véhicule. Malgré son gilet pare-balles, le brigadier chevronné est touché par deux balles sous l'aisselle, à un endroit non protégé. Ses collègues ripostent mais on ignore encore si un ou plusieurs agresseurs ont été touchés. L'un d'entre eux a été arrêté et se trouvait toujours en garde à vue mercredi matin, tandis que les autres sont toujours recherchés. Le brigadier touché décèdera quant à lui lors de son transfert à l'hôpital. Agé de 53 ans, en service à Dammarie depuis 1980, il laisse derrière lui son épouse et quatre enfants.
«Plusieurs pistes étaient explorées» en fin de soirée, ont précisé des sources proches de l'enquête en France, «dont la plus sérieuse conduirait à l'organisation séparatiste basque ETA». Le Figaro est en effet en mesure d'affirmer que l'homme arrêté est fiché comme appartenant à la «mouvance» de l'ETA. Les enquêteurs français tentent de vérifier cette hypothèse, qui pourrait «expliquer la détermination» des suspects. Selon l'agence espagnole Europa Press, le suspect, âgé d'environ 35 ans, a même des «antécédents» au sein de la «kale borroka» (lutte de rue, en basque), forme de guérilla urbaine de basse intensité pratiquée au Pays basque par de jeunes nationalistes radicaux. La justice espagnole aurait déjà délivré un mandat d'arrêt contre lui pour avoir agressé un policier espagnol en mars 2008.
«On n'hésite plus à tirer sur des policiers»
Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux s'est rendu sur place dans la soirée. Il a rencontré les fonctionnaires du commissariat de Dammarie-les-Lys et des membres du SAMU qui sont intervenus. Le ministre a exhorté les policiers présents «à accomplir leur mission au service de la sécurité de leurs concitoyens mais en pensant à leur vie, à leur propre sécurité et à leur famille».
Les syndicats de police ont quant à eux fait part de leur «émotion», en mettant en relief la «violence» des agressions visant les policiers qui «se banalisent». «On n'hésite plus à tirer sur des policiers qui sont en première ligne dans la sécurité de nos concitoyens», a déclaré Yannick Danio, porte-parole de l'union SGP-Unité police, premier syndicat de gardiens de la paix. Jean-Claude Delage, secrétaire général d'Alliance, second syndicat de police, a fait par de son «émotion » et de sa «colère». Il réclame des «peines plancher» pour les agresseurs de fonctionnaires, dont les policiers. Le syndicats de policiers ont été choqués par de récentes agressions ayant visé des policiers récemment à Epernay, dans la Marne, et Tarascon dans les Bouches-du-Rhône, où deux fonctionnaires ont été grièvement blessés.
Considérée comme organisation terroriste par l'Union européenne, ETA est tenue pour responsable de la mort de 828 personnes en plus de 40 ans de violences dans la lutte pour l'indépendance du Pays basque. Son dernier attentat revendiqué remonte à août 2009. ETA avait repris ses attentats à la mi-2007 après une trêve de 15 mois et des négociations avortées avec le gouvernement socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero, qui a depuis adopté une ligne très ferme à son encontre. Le parquet de Melun a été dessaisi de l'enquête dans la nuit au profit de la section antiterroriste du parquet de Paris.








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