A la suite de l'annonce par Nadine Morano d'un plan d'"optimisation" du taux d'encadrement des enfants dans les crèches, de nombreux parents nous ont fait part de leur expérience, mais aussi de leurs inquiétudes.
- "Un accompagnement de qualité nécessite une grande disponibilité", par Mariette G.
Ma fille est actuellement accueillie dans une crèche collective de 90 berceaux à Paris, et je suis satisfaite du bon contact et des liens construits avec l'équipe depuis son arrivée. Toutefois, je partage totalement les craintes des professionnelles sachant que les effectifs d'enfants par adulte les mettent déjà très souvent en difficulté lors de l'accueil du matin et du soir, mais aussi pendant le temps des repas.
Comment confier son enfant en toute sérénité et imaginer qu'il puisse être écouté, et respecté dans ses besoins tant affectifs que physiologiques alors que les conditions actuelles paraissent déjà atteindre leurs limites ? La vie en collectivité n'est pas un apprentissage simple et lisse pour un enfant, un accompagnement de qualité nécessite une grande disponibilité.
- "Mme Morano n'a jamais essayé d'inscrire un enfant à la crèche", par Marie M.
Jeune maman d'un enfant de 13 mois, j'ai la nette impression que Mme Morano n'a jamais essayé d'inscrire un enfant à la crèche ! C'est un parcours du combattant, voire un jeu de piste, parsemé de secrets à découvrir, mots de passe à déchiffrer, contacts à avoir et autres mystères découverts au fur et à mesure. Le simple suivi de la procédure telle qu'on vous la présente en mairie est absolument insuffisant, et gare à ceux qui s'en contentent, ils ne seront même pas inscrits sur liste d'attente !
Quand Mme Morano déclare que sa réforme permettra à une maman de laisser son bébé pendant qu'elle va passer un entretien d'embauche, j'ai envie de lui répondre que cela ne sert absolument à rien puisque si elle est embauchée, elle n'aura pas de place en crèche, et devra rester chez elle pour garder son enfant ou donner les trois quarts de son salaire à une assistante maternelle.
- "Une réforme en parallèle de la réduction des effectifs dans l'éducation nationale", par Didier K.
Nous faisons garder notre fille dans une crèche municipale parisienne. L'accueil est excellent et notre enfant très bien pris en charge par un personnel compétent. Il faut mettre en perspective cette réforme avec la réduction des effectifs au sein de l'éducation nationale. L'école maternelle, non obligatoire, risque d'en être la première victime. Le gouvernement met en place des palliatifs pour compenser la fermeture programmée de nombreuses classes de maternelle dans les années à venir.
Or, lorsque la maternelle n'existera plus, où ferons-nous garder nos bambins ? Dans des crèches surchargées ? Chez des assistantes maternelles débordées ? Il est évident que les conditions d'accueil des petits vont se dégrader. Le portefeuille des parents aussi, car la maternelle est gratuite, ce qui n'est pas le cas de la crèche ou des assistantes maternelles. Pour toutes ces raisons, je suis très inquiet des conditions d'accueil dans les crèches et plus généralement du devenir de nos petits jusqu'à l'entrée en CP, surtout lorsque les deux parents travaillent.
- "La crèche n'est pas une garderie", par Hélène A.
Notre fils est en crèche depuis un an. Nous sommes ravis des conditions d'accueil : la crèche n'est pas une garderie mais offre un environnement où l'enfant peut s'épanouir pleinement et appréhender la vie en société. Mon fils apprend de nouvelles choses chaque jour et développe son langage. Les activités sont variées. Il adore s'y rendre. Le personnel est disponible, attentif et connaît bien chaque enfant.
Nous avons mis plus d'un an pour obtenir cette place, à coups de nombreuses lettres adressées au maire. C'est un vrai parcours du combattant en région parisienne, mais le résultat en vaut la peine. Nous sommes donc très inquiets de cette baisse du taux d'encadrement. Nous craignons que la crèche ne devienne une simple garderie. Bien sûr, le coût est élevé pour nos villes, mais que veut-on pour nos enfants ? Mme Morano préfère-t-elle que les femmes restent au foyer jusqu'à ce que leurs enfants aillent à l'école ?
- "Augmenter le nombre de places, mais pas au détriment de l'encadrement", par Julie
Ma puce de 10 mois est gardée en crèche depuis l'âge de 3 mois. Nous avons eu la chance d'être acceptés dans une petite structure à "taille humaine" : il y a environ une adulte pour 5-6 petits. Pour ma part, je suis très satisfaite de cette solution car les enfants sont très encadrés et apprennent la vie en société. Le personnel de la crèche s'occupe très bien d'eux, s'adapte à leur rythme, organise des activités et participe très bien à leur éveil. Honnêtement, je ne pense pas que ce serait le cas dans une structure plus grosse.
Je suis favorable à une augmentation du nombre de places en crèches car c'est une condition indispensable pour permettre au plus grand nombre de femmes de travailler, mais pas au détriment de l'encadrement des enfants. Un adulte pour 8 enfants, c'est déjà limite, mais si on en arrive à 1 pour 10-12, c'est tout simplement impensable.
- "Des chiffres déjà insuffisants", par Lise B.
Mes deux enfants ont connu la crèche. L'accueil des jeunes enfants proposé par la France est unique, tant pour le développement de l'enfant que d'un point de vue financier. Aujourd'hui, la règle est d'une puéricultrice pour cinq enfants. Je trouve que ce chiffre est déjà insuffisant. Les enfants de cet âge ne sont ni autonomes, ni conscients des dangers, ni raisonnables. Ils tombent, se mordent, se balancent des jouets à la tête. D'autre part, le rôle de la crèche sur le développement des enfants est primordial : comment pourront-elles assurer cette mission quand les conditions de sécurité minimales ne seront pas respectées ?
Ce ne sera plus la crèche, mais la garderie. Des enfants livrés à eux-mêmes, qui devront attendre plus longtemps avant d'être changés, consolés, débarbouillés, bercés. En revanche, beaucoup plus de stress, de cris, de larmes, d'impatience, qui feront de ce mode de garde un enfer pour les enfants comme pour les professionnels.








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