Nicolas Sarkozy n'a pas voulu faire le voyage à Grenoble pour rien. Le but était de marquer les esprits et de reprendre la main sur le terrain de la sécurité. Pour y arriver, le président de la République a sorti l'artillerie lourde en promettant un nouveau renforcement de l'arsenal répressif et en déplorant l'échec du modèle d'intégration française. Venu pour installer le nouveau préfet de choc suite au limogeage de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy a initié un nouveau tournant très sécuritaire.
Des annonces spectaculaires
En nommant un homme à poigne qui est un des plus hauts fonctionnaires de la police nationale à la tête de l'Isère, le retour à la case sécurité est clair. Pour preuve, la batterie de mesures spectaculaires que le chef de l'état a annoncée hier à Grenoble.
Il a ainsi demandé que la nationalité française puisse « être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte » à la vie d'un policier, d'un gendarme, ou de tout autre personne « dépositaire de l'autorité publique ». L'idée sera d'étendre les critères entraînant la déchéance de la nationalité. Par ailleurs, Nicolas Sarkozy souhaite qu'un mineur délinquant ne puisse plus accéder automatiquement à la nationalité française au moment de sa majorité.
Ensuite, il a proposé que, dès la rentrée parlementaire, les peines plancher qui visent actuellement les seuls récidivistes, puissent aussi s'appliquer « à toutes les formes aggravées, c'est-à-dire notamment les violences sur des personnes dépositaires d'une autorité publique ».
L'instauration d'une peine de prison incompressible de 30 ans pour les assassins de policiers ou de gendarmes sera également discutée au Parlement dès la rentrée. Nicolas Sarkozy a déclaré la « guerre nationale » contre les « voyous » avant de faire clairement un rapprochement entre la délinquance et les difficultés d'intégration de certains immigrés. Provoquant par là de vives réactions parmi l'opposition (lire ci-dessous).
« Notre système d'intégration a marché, il ne marche plus. Il est quand même invraisemblable que des jeunes gens de la troisième et la quatrième génération se sentent moins Français que leurs parents ou grands-parents », a lancé Nicolas Sarkozy.
En conclusion de ce discours musclé, le président de la République a annoncé un renforcement sensible des effectifs de la police de Grenoble avec 38 policiers supplémentaires au 1er septembre. Un renfort qui s'ajoutera à l'envoi de brigades spécialisées (GIPN, Raid, BRI). La preuve est désormais faite que le locataire de l'élysée a de nouveau enfilé son costume préféré : celui du premier flic de France, 2012 en tête.








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